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La vie d'Émile
Nelligan est une longue tragédie. Il est le
fils de David Nelligan, un anglophone né
à Dublin, en Irlande, et
d'Émilie-Amanda Hudon, une francophone de
Rimouski. Hormis quelques vacances à
Cacouana, il passe toute sa vie à
Montréal où il fréquente
l'école Olier, le Petit Séminaire de
Montréal, le Mont Saint-Louis et le
Collège Sainte-Marie. Très jeune, il
est influencé par les poètes
symbolistes (Verlaine, Beaudelaire, Edgar Allan
Poe...) et le romantisme de Chopin. Il devient
membre de l'École littéraire de
Montréal en 1897. Son premier poème,
Rêve fantastique, est publié dans Le
Samedi le 13 juin 1896 sous le pseudonyme
d'Émile Kovar. En 1898, il s'engage comme
matelot sur un navire en partance pour Liverpool.
Au retour, il renonce à la vie de marin et
s'astreint pendant quelques temps au métier
de commis-comptable. Le 29 décembre,
à la première séance publique
de l'École littéraire au
Château de Ramezay, il récite trois
poèmes : Un rêve de Watteau, Le
récital des anges et L'idiote aux cloches.
L'année suivante, il travaille à la
préparation du recueil de ses poèmes,
qu'il se propose d'intituler Le récital des
anges. D'autres poèmes paraissent dans Le
Monde illustré, L'Alliance nationale et Le
Petit Messager du Très Saint-Sacrement. Il
obtient un triomphe en 1899 avec la lecture de
Romance du vin qui, avec Le Vaisseau d'or,
contribuent à lui bâtir une
renommée légendaire dans la
littérature québécoise.
Son uvre comprend
quelque 170 poèmes, sonnets, rondeaux et
chansons qu'il a écrit alors qu'il
était âgé entre 16 et 19 ans.
Elle se caractérise par un lyrisme
débordant de tristesse, de nostalgie, de
sensibilité extrême, de douleur
intérieure et de symboles. Contrairement aux
poètes qui l'ont
précédé, Nelligan ne puise pas
son inspiration dans le terroir et la patrie, mais
bien dans son « moi intérieur ».
Le 9 août 1899, surmené, malade et
menacé de démence, Nelligan est
interné à la retraite
Saint-Benoît puis, en 1925, à
l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu, où il
reste jusqu'à sa mort, le 18 novembre 1941.
L'uvre de cet adolescent doué et
hypersensible marque une étape importante
dans l'histoire de la poésie
canadienne-française et continue de nourrir
notre imaginaire. Émile Nelligan est un
poète prodigieusement doué à
qui il n'a manqué que le temps pour devenir
un grand poète. En trois petites
années, il apporte une contribution au
trésor poétique, non seulement
à la poésie canadienne, mais aussi
à celle du monde entier. Cet adolescent
poète, âgé de 19 ans, a
marqué l'histoire littéraire des pays
francophones.
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