|

|
Wilfrid
Laurier est le deuxième enfant de Marcelle
Martineau et de Carolus Laurier. Très jeune,
il est imprégné de la vie politique.
Son père, en plus d'être un fermier
prospère, occupe les fonctions de maire, de
juge de paix, de lieutenant de milice et de
commissaire d'école. À 11 ans,
Wilfrid Laurier est envoyé à New
Glasgow au Québec pour étudier et
pour se familiariser avec la culture anglophone.
Cette expérience marquante lui permettra de
développer un discours empreint de compromis
et de tempérance à l'égard des
Anglais et des Français. Il poursuit son
éducation au collège l'Assomption,
où il se démarque par de brillantes
études classiques. En 1860, il s'inscrit en
droit à l'Université McGill ; en
1864, il est admis au barreau du
Québec.
Au
début de sa carrière politique, il
fréquente les milieux libéraux de
Montréal et participe activement aux houleux
débats politiques de l'heure. Sa
santé chancelante l'incite à quitter
la ville et à ralentir ses activités.
Alors, il s'installe à l'Assomption et prend
sous sa responsabilité le journal Le
Défricheur. Peu après, il
déménage dans la ville d'Arthabaska.
Il y fait ses armes en politique. En 1871, il est
élu député libéral
à Québec. Il soutient son parti face
aux craintes du clergé qui appréhende
la modernisation du Québec. En 1874, il est
élu député
fédéral. Très tôt, il se
fait remarquer par la pertinence de son discours
sur le rapprochement des peuples francophone et
anglophone. Le caractère
modéré de son libéralisme fait
de lui un homme estimé. En 1877, Alexander
MacKenzie lui offre le poste de ministre du Revenu.
Mais cette promotion est de courte durée
car, un an plus tard, son parti est défait
par les Conservateurs. Laurier décide de se
retirer de la scène politique.
En 1885,
l'affaire Riel réveille en lui l'homme
politique ; Laurier fait un retour et, en 1887, il
succède à Édouard Blake comme
chef du Parti libéral fédéral.
Aux élections de 1896, Wilfrid Laurier est
élu premier ministre du Canada et devient le
premier francophone à occuper ce poste. Il
conserve le pouvoir pendant 15 ans. Les
réalisations du gouvernement Laurier sont
spectaculaires : profitant d'une
prospérité économique, le
Canada connaît une grande expansion du
commerce, la construction des chemins de fer
transcontinentaux, l'ouverture sur l'immigration,
la création de nouvelles provinces (Alberta
et Saskatchewan en 1905), le développement
et la spécialisation de l'agriculture. Cette
politique nationaliste n'empêche pas Laurier
de pratiquer une politique de rapprochement avec le
Royaume-Uni (des tarifs douaniers
préférentiels, un appui à la
guerre des Boers) et les États-Unis
(politique de libre-échange).
L'affaire
Riel, les écoles du Manitoba, la guerre des
Boers, la construction d'une Marine royale au
Canada et le projet de traité de
réciprocité avec les
États-Unis, sont des sujets qui provoquent
des discussions émotives entre les Canadiens
français et les Canadiens anglais. Les
premiers luttent pour préserver leur culture
à l'extérieur du Québec et
s'opposent à tout rapprochement avec
l'Angleterre ; les seconds luttent contre la
présence des francophones à
l'extérieur du Québec et appuient
toute politique de rapprochement avec l'Angleterre.
Pendant plus de 15 ans, la politique de compromis
de Wilfrid Laurier lui vaut le surnom de «
grand conciliateur » et lui permet de rester
à la tête du pays. En 1911, le pays
est profondément divisé sur les
questions du traité de
réciprocité et de la construction
d'une Marine royale du Canada. Les politiques
impopulaires du gouvernement Laurier
entraînent la défaite de son parti et
Wilfrid Laurier deviendra chef de l'opposition
jusqu'à sa mort, le 17 février 1919.
Des funérailles nationales sont
organisées et il est inhumé à
Ottawa.
|